Le Girardin industriel est un dispositif à part : il ne construit pas de patrimoine. C'est une opération purement fiscale, à horizon court, dont l'intérêt se mesure en rentabilité de l'apport et dont le risque se mesure en qualité du monteur.
01Un dispositif qui ne ressemble à aucun autre
Tous les autres dispositifs de cette rubrique construisent du patrimoine. Le Girardin industriel, non. Vous versez une somme, vous obtenez l'année suivante une réduction d'impôt supérieure à ce versement, et l'opération s'arrête là. Il n'y a ni loyer, ni revente, ni actif à conserver.
L'intérêt se mesure donc uniquement par l'écart entre ce que vous versez et ce que vous économisez. Un apport de 10 000 € produisant 11 500 € de réduction représente un gain net de 1 500 € obtenu en une année.
02Le seul risque qui compte : la reprise
Le matériel financé doit être exploité outre-mer pendant cinq ans. Si l'exploitant fait défaut, si le matériel cesse d'être affecté à l'activité éligible, ou si les conditions légales ne sont pas respectées, l'administration fiscale reprend la réduction d'impôt.
Point décisif : cette reprise s'exerce contre l'investisseur, pas contre le monteur de l'opération. Vous supportez donc un risque sur une exploitation que vous ne contrôlez pas, à des milliers de kilomètres, pendant cinq ans.
C'est la raison pour laquelle la sélection ne se fait jamais sur le rendement affiché. Trois éléments comptent davantage :
- L'ancienneté et la solidité du monteur, et son historique de redressements
- La garantie de bonne fin, qui couvre l'investisseur en cas de défaillance de l'exploitant, et son étendue réelle
- La nature des matériels et la diversification des exploitants au sein de l'opération
Un rendement supérieur de deux points à la moyenne du marché signale presque toujours une prise de risque supplémentaire, rarement une meilleure ingénierie.
03À qui il s'adresse
Le Girardin convient à un contribuable dont l'impôt est élevé et prévisible, qui n'a pas de projet patrimonial pour cette somme, et qui accepte un aléa de cinq ans en échange d'un gain immédiat. Il se combine bien avec des dispositifs de long terme, puisqu'il n'immobilise rien.
Il convient mal à qui cherche à se constituer un patrimoine, à préparer sa retraite ou à générer un revenu. Dans ces cas, l'apport est mieux employé ailleurs.
Sur le Girardin, notre travail ne consiste pas à trouver le meilleur rendement. Il consiste à écarter les opérations dont la garantie ne tiendra pas si l'exploitant tombe.
Julien Bernard, NeoInvest