Le Girardin est le seul dispositif français où l'avantage fiscal dépasse le montant investi. Cette singularité en fait un outil efficace pour les contribuables lourdement imposés, et un terrain propice aux montages fragiles.
01Un mécanisme à rebours des autres dispositifs
Tous les autres dispositifs fiscaux immobiliers construisent un patrimoine : vous achetez un bien, vous le louez, vous le revendez. Le Girardin ne suit pas cette logique. Vous versez une somme, elle est consommée par l'opération, et vous récupérez l'année suivante une réduction d'impôt d'un montant supérieur.
Un apport de 10 000 € produisant 11 500 € de réduction d'impôt représente un gain net de 1 500 €, obtenu sur environ un an. Il n'y a ni loyer à percevoir, ni bien à gérer, ni revente à préparer.
02Les deux volets du dispositif
Le Girardin se décline en deux régimes distincts, qui obéissent au même principe pour l'investisseur mais financent des objets différents.
| Volet | Objet financé | Locataire |
|---|---|---|
| Girardin industriel | Matériel productif exploité outre-mer | Une entreprise exploitante |
| Girardin logement social | Logements sociaux outre-mer | Un organisme de logement social |
Le volet industriel est le plus répandu et le plus souvent proposé aux particuliers. Le volet logement social suppose des durées d'engagement généralement plus longues.
03Le plafond de 18 000 €, à vérifier avant tout
Le Girardin s'impute sur le plafonnement majoré des niches fiscales outre-mer, fixé à 18 000 € par an, contre 10 000 € pour le plafond de droit commun. Ce plafond se partage avec vos autres avantages fiscaux.
C'est le premier calcul à faire, et celui qui est le plus souvent négligé. Un contribuable bénéficiant déjà d'un crédit d'impôt pour emploi à domicile et de frais de garde peut disposer d'une marge bien inférieure à ce qu'il imagine. Une réduction non imputable est purement perdue : elle ne se reporte pas sur l'année suivante.
04Le seul critère qui compte vraiment : la garantie
Le matériel ou les logements financés doivent rester affectés à leur usage pendant la durée légale. En cas de défaillance de l'exploitant, l'administration reprend la réduction d'impôt auprès de l'investisseur, pas auprès du monteur de l'opération.
Vous supportez donc, pendant plusieurs années, un risque sur une exploitation que vous ne contrôlez pas et que vous ne verrez jamais. Trois éléments comptent davantage que le rendement annoncé :
- L'ancienneté du monteur et son historique face aux contrôles fiscaux
- La garantie de bonne fin : son émetteur, son montant, et surtout ses exclusions
- La diversification des exploitants et des matériels au sein de l'opération
Un rendement supérieur de deux points à la moyenne du marché ne signale presque jamais une meilleure ingénierie, mais une prise de risque supplémentaire quelque part dans le montage.
05À qui le Girardin convient
Il s'adresse à un contribuable dont l'impôt est élevé et prévisible, qui n'a pas de projet patrimonial pour cette somme, et qui accepte un aléa de plusieurs années contre un gain immédiat. Il se combine bien avec des dispositifs de long terme, puisqu'il n'immobilise aucun capital.
Il convient mal à qui cherche à se constituer un patrimoine, à préparer sa retraite ou à générer un revenu complémentaire. Dans ces cas, la même somme est mieux employée ailleurs, et nous le disons.
Sur le Girardin, notre travail ne consiste pas à trouver le meilleur rendement. Il consiste à écarter les opérations dont la garantie ne tiendra pas si l'exploitant tombe.
Julien Bernard, NeoInvest